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Avez-vous la cote de crédit ?
LaPresseAffaires.com, 23 octobre 2006

Avez-vous la cote de crédit ?
par Stéphanie Grammond

Pendant une dizaine d'années, Lise s'est contorsionnée pour verser le paiement minimal requis sur sa carte de crédit. À chaque mois. Sans exception.

Elle n'a aucune autre dette à part le solde de cette fameuse carte, dont elle dispose depuis 20 ans.

Malgré tous ses efforts, Lise (nom fictif) n'a pas un très bon pointage de crédit: 685 points sur une échelle de 550 à 850, qui est la note parfaite.

La raison est simple: sa carte est toujours remplie à ras bord. Au fil des ans, et des pépins financiers, la dame a repoussé sa limite de crédit à plusieurs reprises... jusqu'à 13 000 $ aujourd'hui. Un poids énorme par rapport à ses revenus de 23 000 $ par an.

Sans compter que la dame de 44 ans ne dispose d'aucun actif à son bilan. Elle n'a pas de maison, pas de meubles de valeur et sa voiture est très vieille.

Même si elle n'a jamais été en retard, son faible pointage témoigne de son incapacité à gérer son budget et à se débarrasser de ses dettes une fois pour toutes.

C'est ce qui démolit son dossier de crédit. C'est ce qui fait qu'elle a été obligée de déclarer faillite...

Par contre, d'autres consommateurs, tout à fait à l'aise financièrement, massacrent leur dossier de crédit par pure nonchalance.

Ils collectionnent les cartes de crédit de tous les magasins. Puis, ils négligent les paiements.

Lorsqu'ils reçoivent un relevé de compte d'un petit montant, 12,67$ par exemple, ils ne se donne pas la peine de payer, raconte Lorraine Trudeau, directrice du centre de prêts du courtier hypothécaire Multi-Prêts.

Il se disent plutôt: «Je vais attendre trois mois et j'enverrai 50 $». Jusqu'au jour où on leur refuse un prêt parce qu'ils ont des cotes R4.

«Les prêteurs haïssent ça, car ils ont toujours le dossier presque en recouvrement, sur le coin de leur bureau», dit Mme Trudeau. Et vous? Avez-vous la cote?

Trois chiffres qui en disent long

Bon élève, vous payez toujours vos dettes sans délai. Comme emprunteur, vous êtes convaincu d'avoir une excellente note. Erreur! Même si vous n'avez jamais été en retard, il est possible que votre bulletin de crédit soit peu reluisant.

Au-delà des cotes de crédit, qui gardent la trace de vos retards de paiement durant six ans, il existe un "pointage" global qui tient compte de toutes sortes d'autres critères.

Par exemple, vous nuisez à votre pointage si vous utilisez constamment vos cartes ou votre marge de crédit jusqu'à l'extrême limite. Il s'agit d'un signe que votre situation financière est étirée.

Le pointage est calculé sur une échelle de 550 à 850 qui donne une idée du risque de délinquance des emprunteurs. Cette échelle a été créée par la firme américaine FairIsaac et elle est utilisée par les agences d'évaluation de crédit canadiennes (Equifax, TransUnion).

Par exemple, les emprunteurs qui ont un pointage supérieur à 800 (environ 30 % de la population) présentent un risque de défaut de paiement de seulement 1 %. Le risque grimpe à 23 % pour les emprunteurs dont le pointage est inférieur à 650 (10 % de la population).

Comment est établi votre pointage? Tout d'abord à partir des différentes cotes de crédit que chacun de vos créanciers envoient aux agences de crédit. La cote parfaite (R1) signifie que vous payez toujours à temps. La cote R2 implique que vous êtes en retard de moins de 30 jours, R3 en retard de moins de 60 jours... jusqu'à R9, la pire cote, qui indique que vos créanciers n'ont pas revu la couleur de l'argent qu'ils vous avaient prêté.

Le pointage prend aussi en considération le nombre d'instruments de crédit à votre disposition. Même si vous ne les utilisez jamais, le fait d'avoir 15 cartes de crédit nuit à votre bulletin.

Mais trop, c'est comme pas assez! Vous serez aussi désavantagé si vous avez une expérience de crédit limitée. Exemple: un consommateur fidèle a conservé la seule et même carte de crédit depuis 20 ans. Il n'a pas de marge de crédit, pas de prêt à la consommation. Rien d'autre. Son pointage sera moindre car son expérience de crédit n'est pas assez étoffée.

Autre facteur déterminant: le nombre de demandes de crédit que vous avez faites. Chaque demande reste collée à votre dossier, même si le prêteur vous a refusé le crédit, même si vous avez choisi de ne pas l'accepter.

Cependant, les consommateurs qui font plusieurs demandes parce qu'ils "magasinent" le meilleur taux, pour leur hypothèque, par exemple, ne sont pas désavantagés. "Le système détecte les demandes faites à l'intérieur de deux semaines pour le même type de prêt et les considère comme une seule demande", explique Craig Watts, directeur des affaires publiques de FairIsaac.

Par contre, M. Watts met en garde les consommateurs qui remplissent souvent des demandes de crédit sur Internet, "presque comme un hobby". Leur dossier de crédit finit par être surchargé par chacune de ces demandes, si elles sont le moindrement espacées dans le temps.

Autre élément. Si vous avez demandé du crédit récemment, vous êtes plus à risque. Cela peut indiquer que votre situation financière a changé et que vous cherchez une bouée de sauvetage. Plus vos demandes de crédit sont récentes, plus cela affectera votre pointage.

À l'inverse, si vos comptes sont ouverts depuis longtemps, votre pointage sera plus élevé.

QUELQUES TRUCS

Payez toujours à temps.

Même si vous payez avec seulement quelques jours retard. Même si le montant en souffrance est minime... le système ne fera pas de différence. Votre négligence vous nuira!

Ayez une carte de crédit.

Les gens qui possèdent des cartes de crédit présentent un risque moins grand que ceux qui n'en ont pas. Ayez donc une carte, mais utilisez-la de manière responsable.

Ne vous lancez pas en grande.

Si vous utilisez le crédit depuis peu, ne faites pas plusieurs demandes de crédit trop rapidement.

Faites des demandes de crédit seulement lorsque vous en avez vraiment besoin.

Et soyez certain de pouvoir l'obtenir, avant d'en faire la demande.

Payez vos dettes.

Plutôt que de les déplacer ailleurs. Un bémol: si vous consolidez une dette pour réduire votre taux d'intérêt, l'option est financièrement avantageuse.

N'utilisez pas votre crédit à pleine capacité.

À la rigueur, faites hausser vos limites de crédit, plutôt que de remplir systématiquement vos cartes ou marges de crédit jusqu'au bord. Bien sûr, il faut ensuite résister à l'envie d'utiliser encore davantage de crédit.

Demandez une copie de votre dossier de crédit.

Assurez-vous qu'il ne contient pas d'erreur, ni de signes de fraude d'identité. S'il y a une erreur, vous pourrez contacter l'organisme qui a transmis les renseignements fautifs afin qu'il les corrigent dans votre dossier de crédit. S'il refuse, demandez quel est leur processus de traitement des plaintes.

On peut demander son dossier par Internet

www.equifax.ca OU www.transunion.ca

QUAND LA BANQUE DIT NON!

À 850, vous avez la note parfaite. Avec un pointage de crédit inférieur à 500, personne ne vous prêtera un sou. Mais entre les deux, où est la ligne? Jusqu'où la banque acceptera de vous prêter... et à quel prix?

La réponse varie beaucoup selon les institutions financières. Prenons le cas de consommateurs qui ont déclaré faillite. Deux ans après leur libération, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) accepte d'assurer leur prêt hypothécaire pour l'achat d'une maison. Encore faut-il qu'ils aient rebâti un dossier de crédit impeccable (R1 partout).

Certaines banques leur consentent aussi un prêt hypothécaire, deux ans après leur faillite. Mais d'autres refusent de leur prêter durant les sept années où la faillite reste collée à leur dossier, rapporte Lorraine Trudeau, directrice du centre de prêts du courtier hypothécaire Multi-Prêts.

Toutefois, les banques qui acceptent les ex-faillis ne leur feront pas de cadeau. Ils devront payer le taux d'intérêt affiché (ex: 6,6 % pour une hypothèque de 5 ans fermée) au lieu d'un taux réduit de (ex: 5,3 %) que les bons clients peuvent négocier. Une différence de 1,3 %.

En outre, les banques seront plus contraignantes: elles accepteront de prêter seulement si l'ex-failli dispose d'une mise de fonds de 10 % (au lieu de 5 % ou même 0 % pour les autres).

Les consommateurs dont le pointage de crédit est inférieur à 680 se butent aussi à de fortes réticences.

"En bas de 600, les banques vont regarder ça très, très, très attentivement", ajoute Mme Trudeau.

Souvent, ces emprunteurs devront se tourner vers des prêteurs non traditionnels qui exigeront un taux d'intérêt de 7 à 10 % pour une hypothèque de 5 ans. Presque deux fois plus que le taux réservé à un bon client.

En dessous d'un pointage d'environ 560, la SCHL n'embarque plus. Les prêteurs peuvent offrir leur propre assurance prêt, mais elle sera plus coûteuse (ex: 4 % du montant, versus 2,9 % à la SCHL).

Pour des prêts à la consommation, les limites ne sont pas très différentes, dit Michelle Leduc, vice-présidente du crédit aux particuliers à la Banque Nationale. Mais il n'est pas si simple de tracer la frontière entre un bon et un mauvais emprunteur.

Outre le dossier de crédit (cote et pointage), qui demeure l'élément le plus important, la banque évalue la capacité de rembourser de l'individu (endettement, revenu, etc.) et son bilan financier (actifs accumulés).

Encore là, il n'y a pas d'automatisme. "On ne s'attend pas à ce qu'une personne qui sort des études ait accumulé autant d'actifs qu'une personne d'âge mûr", dit par exemple Mme Leduc. Le pointage n'est pas une règle absolue, mais il permet d'allumer des lumières."

Une personne en retard dans ses paiements, qui utilise ses cartes de crédit à 90 % de leur limite et qui fait huit demandes de crédit par année, je comprends qu'elle ait de la difficulté à arriver.

Ce n'est pas en ajoutant un autre crédit qu'elle va améliorer son sort. On ne veut pas accorder du crédit à quelqu'un qui va faire ses paiements en pleurant d'ici deux mois", dit Mme Leduc.

Dans certains cas limites, les banques peuvent demander à l'emprunteur de trouver un endosseur ou un co-emprunteur ou encore de fournir une garantie. Autrement, la réponse sera non.

Bien sûr, certaines maisons de finance prêteront quand même à des consommateurs criblés de dettes... mais souvent à des taux exorbitants.

Des exemples

Voici différents exemples de contrats dont nous avons obtenu copie. En 2005, la Corporation financière HSBC Canada a prêté à un consommateur 10 767 $ pour cinq ans. Le taux de crédit, incluant les assurances, s'élevait à 43 %.

L'emprunteur aurait dû verser 12 362 $ de frais de crédit. Davantage que le montant emprunté. Le cas n'est pas unique. Un autre contrat montre que CitiFinancière Canada a prêté 22 560 $ pour sept ans à un taux de crédit à 38%.

Un autre encore montre que Crédit Trans Canada a prêté 11 087 $ à un taux de crédit de 34 % sur cinq ans.

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que tous ces dossiers ont abouti dans le bureau d'un syndic de faillite.
 


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